Les nouvelles se font attendre mais les cybercafés sont plutôt rares dans les montagnes et ma motivation à écrire est proportionnelle aux températures... C'est vous dire !
Nous sommes finalement partis le mercredi 7 Décembre de Malaucène avec la petite troupe plus Samy, mon compagnon, et son chien, qui viennent avec nous quelques temps à pied.
Jour 1 : Malaucène => Veaux
Départ sous une légère pluie, on a contourné Malaucène parce que c'était le jour du marché puis on a tracé sur le GR91. Avant d'arriver à Veaux, le chemin était un peu plus difficile mais les
juments se sont bien comportées.
Départ
Samy Eastwood !
Bivouac du soir
Invitée surprise pour ce premier soir : Alice (l'ami des bêtes ^^) qui nous a sauvés
en nous ramenant la popote que j'avais oubliée au bord de l'évier...
Bon, no comment et merci à elle (faut dire qu'à défaut de popote j'ai des supers potes!)
(.... et un humour décapant ^^)
Jour 2 : Veaux => Savoillan
Très belle journée ensoleillée, supers chemins. Le soir au bivouac on s'est fait la meilleure omelette aux poireaux que j'ai mangé de ma vie, avec des oeufs achetés sur la route à un paysan.
Joli pont à St Léger du Ventoux
Préparation de la popote
Jour 3 : Savoillan => Mévouillon
On a suivi toute la journée une magnifique piste forestière, du genre de celles qui nous manquent chez nous. C'est très agréable de se balader l'hiver pour le côté sauvage que prend le paysage,
il n'y a pas de touristes, la vie tourne au ralenti, et on se balade là dedans comme dans un rêve. J'ai l'impression d'être dans un roman de Giono.
Bivouac chez Martin, chevrier à Mévouillon, merci à lui pour son accueil chaleureux !
Le bivouac au petit matin...tout est gelé, et Brownie se repose en contemplant le Ventoux
Entre Savoillan et Montbrun
Quand l'eau est froide, la mulette tire la langue quand elle boit.
La troupe au col des Arles
Col des Arles
Bivouac chez Martin
Jour 4 : Mévouillon => Eourres
Aujourd'hui on a suivi la vallée de la Méouge en suivant la route (ça nous repose). C'est un pays très vert, on se serait cru dans le grand ouest américain (bon je n'y ai jamais mis les pieds
mais j'imagine, regardez les photos). Arrivée à Eourres chez Olivier, qui organise des randonnées à cheval. Super accueil, les juments ont eu droit à une pature et du bon foin et nous à passer du
temps auprès du poêle dans la magnifique maison de notre hôte.
Départ au petit matin dans la brume
Plus tard dans la matinée
Far West
Brownie fait l'animation à Lachau
Troupeau de mouton à Eourres (et petite colle pour Suzy...alors c'est quoi comme race ? ^^)
Jour 5 et 6 : Repos à Eourres
Le dimanche nous avons visité Eourres. Voici le lien du site qui présente ce village un peu hors du commun : www.eourres.fr
L'église est magnifique, et c'est vrai que l'ambiance est super sympa. Par contre l'hiver il y a 3/4h de soleil par jour... à 950m d'altitude, ça fait peu...!
Le lundi je devais repartir, mais une gastro en a décidé autrement et Olivier a été une merveille d'hospitalité et m'a proposé de rester un jour de plus chez lui, j'ai donc pu me soigner au chaud
: j'ai dormi toute la journée !
La maison d'Olivier, il n'a pas voulu couper deux arbres qui étaient sur l'emplacement
lorsqu'il a construit sa maison, du coup les arbres passent dans la maison :
Un repos bien mérité
Le toit végétal de la maison, avec les arbres qui dépassent
En plus d'être quelqu'un d'accueillant et de très intéressant, Olivier organise depuis des années de belles randos à cheval dans toute la région. C'est vraiment une adresse que je recommande, ne
serait-ce que pour la rencontre avec le personnage . Il connaît vraiment bien les chevaux et la montagne et ses récits de randos m'ont fait rêver ! C'est agréable de rencontrer quelqu'un qui aime
son métier et le fait bien (dans le milieu du cheval ce n'est malheureusement pas si fréquent que ça...).
Magnifique journée sur les pistes forestières, je n'ai rencontré que 3 êtres humains de toute la journée : un bucheron, une bergère et sa fille. Je suis passé dans des coins splendides, à côté
d'une chapelle perdue au milieu de nulle part et dans un village abandonné. La bergère m'a proposé un coin pour le bivouac et m'a donné du foin et de l'eau. C'est pour l'instant très agréable de
constater que ce coin là de Provence est resté très agricole, aussi je n'ai aucun mal à trouver du foin dans les fermes à côté desquelles on passe.
Samy et Tyson nous rejoignent finalement encore un peu, ramenés en voiture par des amis de Malaucène avec qui on a passé une bonne soirée auprès du feu !
Premier plantage...Je me suis trompé de chemin, du coup on a galéré dans des pistes à sanglier et on a du faire demi tour et bivouaquer (orthographe ?) à Bevans. L'endroit est magnifique, et on
s'est fait une raclette pour se remonter le moral !!
Deux boules de chien au bivouac le soir ! Dès qu'on s'arrête, ils se couchent et dorment pour récupérer au maximum. Il faut dire qu'Effy dort peu la nuit parce qu'elle aboit après toutes les
bêtes qui nous passent autour (et il y en a !).
Jour 9 : Bevans => Sisteron
L'étape d'aujourd'hui a été très courte du coup mais j'en profite pour venir faire des courses à Sisteron, et vous conter nos aventures !
Plus de temps pour plus de photos, je dois aller faire les courses et rentrer au bivouac, les prochaines dès que je peux !
Finalement je n'ai pas réussi à retrouver de cybercafés pour continuer à vous donner des nouvelles, alors les voilà, un peu moins fraîches que les précédentes! (je suis bien au chaud chez moi ^^)
Enfin il y en avait un à Moustiers Ste Marie, mais à 2€ le quart d'heure, avec un pc qui rame, autant dire que ça ne l'a pas fait...il y a des limites à ma générosité !
Je vais essayer de reprendre où j'en étais :
Jour 10 : Repos à Sisteron
Il a plu toute la journée, et on avait fait les courses la veille, alors on a passé la journée sous la tente, au chaud (enfin façon de parler) et au sec !
Du coup l'occupation principale de la journée : manger !
Bon sur cette photo on dirait que j'ai 70 ans mais j'assume, on sent bien le "MANGER" !!!
Et célébrer un peu la société de consommation (désolé...).
J'ai quand même un peu bossé aussi et j'ai fait pas mal de petites réparations et coutures sur le matos. En 10 jours il y avait déjà un peu de boulot (surtout à cause de l'étape "drailles à
sangliers", pleins de branches et quelques torrents à traverser). C'est très agréable de sentir qu'on peut réparer au fur et à mesure ce qui ne va pas, on se sent plus autonome et je trouve que
ça fait vraiment partie des côtés très agréable inhérents au nomadisme. On a le temps pour le faire, et les priorités ne sont pas les mêmes que dans la vie courante, elles sont plus basiques mais
primordiales. Le matos qu'on transporte c'est notre foyer, et en prendre soin a un côté réconfortant.
On avait à Sisteron un bivouac magnifique, au nord du massif du Molard,
Traversée de Sisteron le jour du marché de Noël. Première ville à traverser, tout s'est bien passé, les gens pensaient qu'on était là pour l'animation de Noël, on aurait du y penser et se faire
embaucher par la ville !
On a suivi après Sisteron la route Napoléon, sur laquelle on a croisé cette jolie cascade/fontaine.
Peut-être que les chevaux des troupes napoléoniennes y ont bu aussi...
Arrivés à Volonne on a bivouaqué au creux d'un vallon à côté d'une vieille bergerie, avec la plus belle herbe qu'on ait vu de tout le voyage. Au bout d'un certain temps, on regarde avec une
grande avidité la moindre parcelle bien herbée que l'on croise sur la route. Par contre à partir d'Eourres j'ai décidé de complémenter Brownie qui avait un peu perdu d'état, donc sur tout le
reste de la route on transportait de l'orge (avec les sacs à eau Ortlieb qui soit dit en passant sont très pratiques pour ça).
Tout au long du voyage, j'ai pu observer Brownie et Caroline manger des cynorhodons,
Pendant quelques jours il n'y a plus eu de photos (plus de batterie sur l'appareil), mais on a bien pris notre rythme. Les étapes sont belles, on a découvert le petit plaisir certains matins de
s'arrêter prendre un petit chocolat chaud/croissant dans les villages qu'on traverse. Mine de rien ça nous réchauffe bien et ça nous fait notre petit moment de confort de la journée, ça aide bien
!
On a arrêté les feux le soir, il fait trop froid et il y a du vent depuis quelques jours donc trop de fumée dans les yeux. Le soir c'est préparation de la popote et dodo direct ! Les températures
sont telles que c'est le moment le plus dur de la journée, le soir quand la nuit vient de tomber et qu'on est pas encore dans les duvets.
Ce jour là on a fait escale chocolat/croissant à "L'escale" (haha!), un village après Volonne. Une vieille dame érudite avec qui j'ai discuté m'a dit qu'à l'époque les colporteurs protestants
partaient de Malaucène pour répandre la "bonne parole" dans cette région, peut-être avons-nous suivi leurs traces aussi...
Le fait de voyager au rythme ancestral du pas des chevaux nous rend solidaires de toutes les personnes qui ont emprunté les mêmes chemins, et ça m'a donné une irrésistible envie de mieux
connaître l'histoire des coins que l'on traversait. Les montagnes ne bougent pas (ou très peu!), et les itinéraires que l'on choisit de manière pragmatique ont certainement été empruntés par de
multiples caminaires dans l'histoire. Cela engendre une autre relation au territoire traversé.
J'ai su plus tard en discutant avec mon père (féru de généalogie) que les villages où nous avions décidé de bivouaquer avaient pour beaucoup un lien avec mes ancêtres qui y avaient vécu,
travaillé ou y étaient nés. En sortant du rythme mécanisé de la vie actuelle, on renoue avec la magie ambiante qui peut alors guider nos pas.
Dernières photos : on remonte après notre pause à L'escale, en direction du col des Pénitents.
On voit en fond la vallée de la Durance d'où l'on venait.
Jour 13 : Mallemoisson => Bras d'Asse
Plus de carte pour continuer (on ne l'avait pas trouvée à Sisteron), alors j'ai attendu au bord de la route avec les juments et Samy est parti en stop à Digne à 10km pour aller chercher ladite
carte. On a pu repartir en passant par Carmejane, fameux lycée que tous les "agricoles" du sud-est connaissent, et une superbe piste qui nous a fait retomber vers St Jeannet et la vallée d'Asse.
On retrouve les premiers oliviers qu'on avait plus trop vu depuis qu'on était parti de chez nous, on passe dans un autre pays, il y a une différence climatique certaine, la terre n'est plus la
même et je retrouve ce à quoi j'appartiens. J'aime cet arbre, demeure d'Athéna, plus qu'aucun autre et ça m'a fait très plaisir de les retrouver.
Arrivés à Bras d'Asse pour le bivouac, les terres sont soit très sèches sur le coteau, soit cultivées au bord de la rivière. On nous propose alors de nous installer au milieu du village : il y a
un bout de terrain qui appartient à la mairie et qui ne sert à rien, avec une belle herbe verte ! Ca nous change de nos bords de rivières sauvages et FROIDS. En plus boire un coup le soir dans le
bar avec les juments en face c'est quand même sympa. Et bien sûr la rencontre avec les habitants du village, et surtout les enfants qui ont accourus direct pour jouer avec Effy et carresser les
juments.
Jour 14 : Bras d'Asse => Moustiers Ste Marie
Petite surprise le matin : de la neige. Il n'est pas tombé grand chose parce qu'il a neigé pendant 1h/1h30 mais la neige tenait quand même. Je ne savais pas combien il allait tomber, du coup on a
changé le parcours que j'avais prévu qui nous faisait arriver à Moustiers par le haut et nous faisait dormir à St Jurs (à 925m d'altitude). On est donc passé par Puimoisson. Avant de partir du
village, une petite fille qui s'était motivée de bon matin est venue nous dire au revoir malgré la neige, elle a lancé à la mule un "rentre bien dans ton pays" avec de grands yeux mouillés qui
m'a particulièrement touchée. Cette petite Caroline émeut beaucoup de monde, et ça promet pour la thérapie...
Jour 15 à Jour 19 : Repos à Moustiers
Mon père a des terres à Moustiers, on a donc décidé d'y faire étape quelques jours durant lesquels ma famille nous a rejoint pour fêter Noël. Moustiers est un village assez exceptionnel. Niché au
creux de falaises, il est traversé par le Riou et surplombé par une étoile suspendue dans le vide. L'origine de cette étoile n'est pas connue, ce qui laisse place à de multiples légendes. La plus
connue est celle contée par Mistral selon lequel elle aurait été installée là comme ex-voto dédié à la Vierge Marie, selon le vœu du chevalier Blacas, un croisé emprisonné par les Sarrasins en
1210, qui avait promis, s’il revenait dans son village, d’y suspendre une étoile et sa chaîne en hommage à Marie.
Le village est magnifique, et il fut depuis longtemps considéré comme un lieu sacré (occupation depuis -30 000, premier temple construit en 470 en lieu et place de l'actuelle Chapelle Notre-Dame
de Beauvoir et processions célébrant Diane). Un peu d'histoire sur Moustiers
Les terres où on a décidé de camper sont à quelques centaines de mètres du village, au bord de la falaise. C'est sec, mais du coup qu'est ce qu'on était bien, il faisait beaucoup plus chaud que
dans tous les endroits où on avait été jusqu'alors (pourtant c'est à 650m d'altitude à peu près). Un habitant de Moustiers propriétaires de chevaux nous a gentiment donné quelques bottes de
foin et un peu de ruban pour faire une clôture improvisée. Merci à vous Jean-Baptiste ! On est allé chercher le foin au village avec la mule, et là je regrette un peu de pas avoir de photos de la
mule chargée de foin dans les petites rues pavées du village, cela faisait un joli tableau !
Notre campement à Moustiers. J'ai pas trop assuré pour les photos,
mais entre la croupe de Brownie et la tête de Caroline on voit un bout du lac de Ste Croix...
Mon père a aussi des terres en haut des falaises, au dessus de Moustiers donc.
C'est que du parcours mais l'endroit est magnifique, on y monte par une ancienne voie médiévale.
En haut des falaises, on voit en face le plateau de Valensole.
Samy classe internationale avec son sac LIDL !
Le père et la fille
Le père et la mule !
Le cadeau de Noël de la tente
(une idée de Samy parce qu'on avait fait quelques cauchemars à l'allée, et on en a plus fait au retour !)
Jour 20 : Moustiers => Brunet
Départ de bon matin du village de Moustiers, petit arrêt à la mignonne crèche du village!
Et passage du pont au dessus du Riou
On est content de repartir et motivés, ce sera une étape à 26km.
Super traversée du plateau de Valensole, avec un paysage...plateau...
Arrivés le soir à Brunet (on retrouve la vallée d'Asse),
on s'est fait gravé le portrait sur le fronton d'une église.
hihi (bon il manque la mulette mais sinon c'est ressemblant)
Jour 21 : Brunet => La Brillane
Pause de midi au bord de la N100 et de l'Intermarché,
les juments ne sont pas dérangées, tant que l'herbe est belle !
On comptait trouver de l'orge à Oraison mais la coop était fermée pour les vacances, on en a donc demandé à un paysan propriétaire de chevaux et il nous a offert l'hospitalité dans une de ses
belles prairies. Super rencontre, Luc et son frère Patrick sont adorables, et entre amoureux des chevaux le courant passe tout de suite très vite !
Luc élève de beaux haflingers en plus de son boulot d'agriculteur, il n'a pas encore de site mais je mettrai ces coordonnées dans la rubrique ''Tout le reste''.
Jour 22 : La Brillane => Reillane
27 km, on commence à bien prendre le rythme et à sentir l'écurie aussi. De bon matin on s'arrête dans le petit village de Niozelles pour notre café/chocolat du matin. Le village ne paie pas de
mine, mais les habitants sont vraiment sympa. On a été bien entourés pendant 20minutes, les juments ont eu droit à des pommes, on nous a proposé de nous accueillir pour une douche ou un repas au
chaud, et une jeune maman nous a même rejoints sur la route avec sa voiture après qu'on soit partis pour nous apporter un casse-croûte.
Belle journée, bien qu'il ait fallu zigzaguer pour éviter au maximum de passer sur la N100, très fréquentée et dangereuse dans ce secteur. Arrivés aux environs de Reillane, toutes les terres
étaient cultivées, on a eu beaucoup de mal à trouver un bivouac et on a finalement campé sur le terrain d'un magnifique domaine dont les propriétaires furent là aussi très accueillants.
Jour 23 : Reillane => Saignon
Petite pause à Céreste de bon matin, ça me tenait à coeur : c'est le village où René Char a vécu durant la Seconde Guerre Mondiale est duquel il a mené son action dans la Résistance. Pour en
savoir plus à ce sujet : la biographie écrite par Greilsamer ("L'éclair au front") est très bien faite, et rend un vibrant hommage à ce grand poète.
Le stress du voyage...
Jour 24 : Saignon => Gargas
On a décidé de passer le Nouvel An avec des amis dans un gîte, donc petit arrêt à Apt pour trouver un gîte à proximité.
Les juments squattent un parc municipal, très pratique !
Jour 25 : Repos, potes, raclette, champagne, etc..!!
Effy en mode "je récupère"
Jour 26 : Gargas => Lioux
Départ de bon matin (c'est quand même un lendemain de réveillon, faut pas pousser...)
On avait décidé de faire étape à la maison forestière Les Beaumelles, au coeur de la forêt de St Lambert. Gilles, le garde forestier qui y vit, nous a offert l'hospitalité. On a ripaillé toute la
soirée et passé une bonne nuit dans une chambre, c'est toujours agréable !
L'autre habitant du hameau est un éleveur de volailles pour la chasse, et il y avait dans l'enclos quelques paons. Apparemment ils servent à éloigner les aigles, leur présence protège les faisans
de l'élevage.
De la pluie était prévue pour cette journée, mais, bien que Gilles nous ait proposé de rester, on prend quand même la route. C'est une rando de rodage, et on a pas encore eu un vrai jour de
pluie, donc allons-y. Et puis on est trop près de la maison pour prendre un jour de repos.
Départ de la maison forestière, merci Gilles pour ton accueil !
Et une heure après, voici la pluie !
On s'est pris 5 heures de grosse pluie non stop, on voulait tester, on a testé ! Moralité : non, les bottes de pluie, on ne peut pas s'en passer, même si ça prend de la place dans les sacoches.
J'étais un peu déçue parce que je savais que sur cette étape on aurait de superbes vues puisqu'on longeait le mur de la peste sur une crête où on a une super vue sur le comtat venaissin et le
Ventoux, et là on voyait pas à 10m...
D'un coup vers 15h la pluie s'est arrêtée et le soleil est réapparu (c'est l'avantage d'habiter dans le sud). Aux alentours de Bédoin on a croisé Alice, alors re-apéro (comme le premier
jour) et gros coup de chance parce qu'elle avait des bottes dans sa voiture alors j'ai même fait le dernier jour avec les pieds au sec !
Jour 28 : Bédoin => Malaucène
Grand soleil, chemins magnifiques et vue imprenable sur les Dentelles de Montmirail et le Ventoux :
home sweet home !!
Premiers panneaux nous indiquant Malaucène...
Et enfin le village !
Cette petite boucle est déjà terminée, et j'ai déjà hâte de repartir en Mars !
En attendant, je vous souhaite une bonne année à tous, que 2012 soit l'année de l'accomplissement de vos rêves.
Après un voyage en Inde, un déménagement et 2 semaines de préparatifs nous sommes prêtes à repartir sur les beaux chemins qui voudront bien de nous. Toujours la même
troupe : Brownie, Caroline, Effy et moi, mais sans Samy et Tyson cette fois. Ça y est on va enfin être entre gonzesses !
J'ai vraiment hâte de repartir, surtout avec le temps magnifique qu'il fait en ce moment. Ce tout début de printemps a toujours été un de mes moments préférés dans
l'année. Les jours rallongent franchement, la sève de la nature monte dans tous les êtres et on ne peut pas s'empêcher d'y sentir une symbolique de nouveau départ offert par la Terre. Voir les
premiers amandiers en fleurs, porteurs de lumière, provoque chez moi chaque année une joie indescriptible qui s'apparente sûrement à un soulagement instinctif du sortir de l'hiver, mais il me
semble que cela résonne aussi dans la moindre cellule de mon être comme un moment magique. Le changement de vibration d'une nouvelle chanson...
Bref, pour repartir en voyage, c'est le moment idéal !
Cela dit, j'espère quand même que le temps va bien vouloir nous amener de la pluie, ce n'est pas très agréable sur la route, mais il faut de l'herbe et je pense avec
inquiétude à l'état dans lequel sera le prix du foin cet été si ça continue comme ça...
J'ai été étonnée ces derniers jours de ne pas plus ressentir l'excitation du départ pour ce périple que j'ai commencé à préparer il y a maintenant plus de 6 mois, mais à
vrai dire depuis la première boucle de cet hiver un certain esprit de nomadisme s'est emparé de moi et fait que l'idée de bouger devient la normalité ; j'ai l'impression que ce ne sera qu'un
départ parmi ceux qui suivront.
Et je suis déjà en mode bivouac depuis 2 semaines, donc réhabituée au quotidien que cela implique.
On part vendredi ou samedi en direction donc des Pyrénées, avec des premières étapes prévues sur l'île de la Barthelasse pour aller passer un peu de temps avec les
élèves de la classe de CE2-CM1-CM2 de l'école de l'île, puis dans la vieille ferme familiale des Cévennes, pour le reste on verra ensuite !
J'ai complété un peu mon équipement alors je pourraipeut-être donner des nouvelles plus régulièrement que cet hiver, en tout cas si vous voulez être averti, il suffit de mettre son adresse mail dans le petit
carré en haut à droite !
Avant de partir, merci à tous ceux qui m'ont aidée d'une manière ou d'une autre pour préparer ce voyage et me permettre de partir l'esprit tranquille :
• Alice Dost bien sûr n°1, sauvage du Ventoux et de toutes les pampas (^^), qui gère le steack j'ai envie de dire, et qui veille sur mes bêtes chéries en s'assurant que tout le monde va
bien....MERCI !!!
• mes chers parents et sœurs bien sûr, Julien et ses Écuries du Petit Claux, Suzy et Sasha, Laure et Bastien, François, Sara, Charlotte, tous les gens du CALC,...enfin tout ceux qui m'ont apporté leur
soutien.
Grand départ avec un temps magnifique, Brownie et Caroline partent d'un pas très motivé. On traverse les dentelles au milieu des fruitiers en fleurs, l'endroit est toujours aussi splendide, puis
c'est la plaine du Comtat Venaissin.
Le bivouac se fera calé au bord de l'Ouvèze, qu'on a pu traverser sans difficulté, l'eau arrivait à peine aux genoux des juments !
Dimanche 18 Mars
Courthézon => Châteauneuf du Pape
Dès le matin la pluie menace, et en fin de matinée elle commence à tomber fort alors qu'on traverse les vignobles de Châteauneuf.
Châteauneuf, que des vignes à perte de vue
Rencontre rigolote pendant cette averse : on a croisé un groupe de 5 cavaliers, parmi lesquels se trouvaient un couple avec qui j'avais randonné une journée à l'automne alors qu'ils étaient
venus accompagner un ami à eux pour qu'il essaye Louxor, un beau mérens que j'avais alors à la vente. Les chemins équestres sont petits ! J'ai repris la route après avoir eu de bonnes
nouvelles du cheval, très heureux avec son nouveau propriétaire féru de randonnée.
Je devais ce jour là traverser le Rhône par le pont de Roquemaure, mais quelques kilomètres avant d'y arriver j'ai préféré m'arrêter bivouaquer au bord du fleuve plutôt que de risquer le passage
du pont en pleine averse, même s'il était encore très tôt. Du coup après-midi studieuse sous la tente, avec le bruit de la pluie sur la toile pour rythmer mes lectures.
Lundi 19 Mars
Châteauneuf du Pape => La Barthelasse => Villeneuve lez Avignon
Départ de bon matin pour traverser le pont le plus tôt possible et éviter un trafic trop dense. La traversée s'est bien passée, même si un camion (gros camion!) est passé alors qu'on traversait.
C'était pas de chance, et puis il faut dire qu'il n'a absolument pas ralenti. Les juments ont eu peur mais le pire a été évité. Frayeur rétroactive surtout, heureusement je compte éviter au
maximum ce genre de passage.
Ensuite c'est des kilomètres de bord du Rhône, ça file tout droit et les juments sont contentes de tracer et de s'éloigner de cet endroit horrible (juste à côté du pont se trouve le même version
autoroute et encore un autre version TGV...).
C'est rare, mais avec des kilomètres d'horizon herbé,
Brownie avait vraiment des envies de galopades.
On retraverse un des bras du Rhône, sur un pont heureusement beaucoup plus tranquille, pour accéder à l'île de la Barthelasse où nous allons voir les élèves de l'école. Ma mère est institutrice
dans cette école et avait proposé aux élèves de CE2-CM1-CM2 de nous suivre durant le voyage, grâce au blog. J'étais déjà venu en Janvier leur montrer les photos du premier voyage et répondre à
leur nombreuses questions, et leur avais alors promis de passer par leur école au départ de mon tour de France pour leur présenter toute l'équipe.
La Barthelasse est la plus grosse île fluviale de France (700ha), elle est juste en face d'Avignon et c'est un peu le jardin de la ville, la majeure partie de l'île étant occupée par des terres
agricoles (principalement arboriculture et maraîchage). Il faut dire que c'est une zone plus qu'inondable : à chaque crue du Rhône, l'île est sous les eaux, ce qui explique certainement le
peu d'habitations malgré l'emplacement idéal !
Les vergers de la Barthelasse en fleurs.
J'ai eu ma jument Elen'or en pension une paire d'années sur cette île, et j'en connais chaque chemin par cœur. C'était émouvant de repasser sur ces terres que j'ai parcourues des centaines de
fois ado, essayant déjà d'échapper à la ville toute proche et cherchant dans la campagne et avec ma jument un réconfort et une aide que j'y ai d'ailleurs trouvés.
Arrivées à l'école, les enfants nous ont fait un super accueil, entourant tout de suite les juments et Effy et leur prodiguant mille caresses. Elles ont toutes les trois été exemplaires de
patience et de bonne tenue (à part Caroline qui a déposé un petit cadeau pour les rosiers de la cour). Les enfants ont posé des questions sur le voyage, les juments et leur ont apporté de l'eau.
Et puis eux ne sont pas plus choqués que ça d'un tel projet, et c'est bien agréable. Entre doux rêveurs on se comprend à demi mots.
J'ai même eu droit à un coloriage prévu pour occuper mes soirées sous la tente (merci Ophyllia). Ce fut un moment bien sympathique, et je remercie tous les élèves et instits (et Maryse!) de
l'avoir partagé avec nous.
Passage à côté du fort Saint André à Villeneuve
Après cette petite pause animée, nous voilà reparties direction Villeneuve, où habite ma famille et où on a passé la nuit. Les juments avaient pas l'air plus dérangées que ça par l'environnement,
elles mangeaient leur foin tranquilles en plein lotissement !
Mardi 20 Mars
Villeneuve lez Avignon => St Laurent des Arbres
La journée commence avec la traversée des hauts de Villeneuve dans la garrigue et la descente dans la plaine de Pujaut. La journée promettait d'être plutôt tristounette, les coins traversés ne
m'inspirant pas des masses...
En début d'après-midi j'ai croisé sur un chemin un homme en voiture qui me demande de m'arrêter 5 minutes avec ses amis que je trouverai plus loin sur le chemin, ils rentraient de l'enterrement
d'un ami. Je m'arrête donc et rencontre Nadine et un autre ami à elle autour d'un « feu de joie » pour honorer la mémoire de Fernand. Ils me l'ont décrit comme un papet du coin, ouvert
à la vie et aux autres, voyageur par procuration grâce à tous ceux qu'il accueillait naturellement sur son terrain. Nadine y vivait, et elle demandait justement le matin même un petit signe
rigolo en forme d'adieu à son ami. Le passage de notre équipe est tombé à pic pour honorer l'esprit ''auvergnat'' (cf Brassens) de Fernand, et Nadine et son ami ont donc ouvert une bonne
bouteille de Tavel que l'on a partagé à sa santé. L'ambiance était joyeuse, et c'est certainement le meilleur moyen de dire au revoir à un être que l'on a aimé que celui de s'ouvrir à la joie du
Monde et aux drôles de jeux de la vie.
Puis je suis repartie, avec en poche le nom d'un ami de Nadine susceptible de me trouver un terrain à St Laurent des Arbres, où je comptais faire étape.
On traverse encore des kilomètres et des kilomètres de vignes, mais entre certaines parcelles de vignes je trouve mes premières asperges sauvages de l'année.
Dans les vignes de Tavel cette fois, ici les cailloux sont devenus des galets.
Les premières d'une longue série !
Arrivée au village, je trouve donc Manu, horloger artisanal de son état et ex-propriétaire de deux ânes, qui m'accueille les bras ouverts, me montre un terrain et finit par me présenter à
Jacqueline et Vladimir. Cet adorable couple habite dans une magnaneraie du 13ème siècle (si ma mémoire est bonne !) et ils représentent vraiment ce qu'on peut imaginer quand on parle de
noblesse de cœur ou d'esprit. Ils nous ont offert l'hospitalité dans leur magnifique maison, le parc à l'herbe vert fluo pour les juments, et une maisonnette en pierre pour moi, avec en plus
plein de victuailles. Quel bonheur de tant de rencontres avec des personnes si ouvertes et intelligentes, qui en plus se succèdent les unes aux autres pour nous offrir un super gîte. Merci
infiniment Nadine, Manu, Dominique, Jacqueline et Vladimir. Et merci Fernand !
Mercredi 21 Mars
St Laurent des Arbres => Sabran
La journée commence super bien avec les croissants apportés de bon matin par Manu et Nadine !
Je pars ensuite sous une petite pluie et trace vers le Nord, en évitant Bagnols/Cèze. Le temps finit par se lever dans l'après-midi et je bivouaque au bord d'un ruisseau en pleine campagne
gardoise.
J'ai cueilli des orties le matin-même et des asperges dans la journée, du coup le soir c'est repas gastronomique ! Au passage petit point info botanique (^^) : l'ortie c'est top !
C'est bourré de fer, de protéines et de vitamine C et A. Du coup pour les végétariens comme moi c'est vraiment un aliment extra, et puis on en trouve partout, c'est gratuit et c'est bon (le goût
ressemble à celui des épinards). Il faut prendre les jeunes pousses bien vertes, c'est meilleur et pour ceux qui auraient peur de se piquer la langue, pas de craintes, il n'y a plus de pouvoir
urticant à partir du moment où on les ébouillante.
Jeudi 22 Mars
Sabran => Chartreuse de Valbonne
En ce moment je n'ai pas de carte 1:25000, du coup ce matin un peu de demi-tours sur des chemins qui ne passaient pas et un détour pour traverser la Cèze m'ont pris un peu de temps. Mais le
détour était agréable, la Roque sur Cèze est un très beau village et ça m'a permis de m'arrêter à midi au bord de l'eau en plein soleil, pour me cuisiner les poireaux sauvages que j'avais coupé
dans la matinée. C'est vraiment un avantage du printemps, ça fait quelques jours que je me nourris principalement de ce que je trouve dans la nature.
L'après-midi se passe tranquillement avec des rencontres cavalières et la traversée de l'impressionnante forêt de Valbonne. On s'arrête le soir pour bivouaquer à la Chartreuse de Valbonne.
La Chartreuse de Valbonne, qui est aujourd'hui un ESAT.
C'est calme et c'est un super cadre pour se reposer. Tout va pour le mieux donc pour l'instant : le temps est plutôt clément, les rencontres sont belles, les juments vont bien, Effy
m'impressionne par son comportement exemplaire et les bivouacs sont idéaux.
Vendredi 23 Mars
Chartreuse de Valbonne => Bidon
La journée a très bien commencée avec les croissants et le café apportés par Mimi, encadrante à l'ESAT, et Charles, un travailleur, tous deux rencontrés la veille. Même Effy a eu droit à son
croissant !
Après plusieurs discussions avec les travailleurs rencontrés qui finissaient la taille des vignes du domaine de Valbonne, nous voilà parties direction St Julien de Peyrolas et la traversée de
l'Ardèche. Au détour d'un sentier, on tombe sur la vue sur la vallée du Rhône, avec les deux horribles cheminées de Tricastin au loin.
Les juments sur le pont de St Martin
On traverse l'Ardèche à St Martin d'Ardèche et on repart direction Bidon, pour passer la soirée chez Emile et Marie.
Ils élèvent des vaches aubrac et des mules, notamment pour le voyage vu qu'Emile est certainement un des plus grands voyageurs à cheval qu'on ait en France. Il a notamment écrit un livre
"Techniques du voyage à cheval" que l'on considère comme la bible pour qui veut voyager à cheval, ou simplement randonner de manière autonome, et ça a été mon livre de chevet pendant des semaines
avant de partir ! Voici un lien vers son site : site d'Emile Brager.
Samedi 24 Mars
Bidon => Vallon Pont d'Arc
Après une bonne soirée passée avec Marie, Emile, Olivier et deux woofeurs mexicains, on repart en croisant au passage les magnifiques Aubrac de l'élevage.
Superbe journée de rando avec la traversée d'une forêt certainement magique et ensuite la vue à couper le souffle sur les gorges de l'Ardèche.
On a été accueillies par M. Ramirez, qui tient le Ranch des Gorges et j'en profite pour venir au village me connecter et donner des news (mais
non sans peine, ici quand les touristes et leur pognon ne sont pas là, il n'y a rien...). Aujourd'hui dimanche ce sera journée de repos : lessive, sieste et peut-être un petit bain dans
l'Ardèche..!
Les juments quittent à regret le grand parc herbé dont elles ont pu profiter pendant 2 jours : se gaver d'herbe, se défouler à volonté, jouer avec Effy pour Caroline, ça c'est la belle vie
pour un cheval (ou une mule) ! On suit encore le GR4, qui nous fait passer par de belles collines boisées, aux chemins parfois un peu difficiles mais dans un cadre magnifique.
Au loin Vallon Pont d'Arc et Salavas
Croisée sur le chemin, cette petite fleur jaune qui ressemble à une mini-jonquille,
et dont je ne connais pas le nom... Avis aux connaisseurs !
On redescend ensuite dans la plaine de Berrias, qu'on rejoint en traversant des vignes et terres agricoles par les chemins de traverse. Je décide ensuite de chercher un bivouac au bord du
Granzon, un peu avant le village. Je m'avance vers une maison à proximité pour demander l'autorisation de bivouaquer sur un terrain que j'avais repéré, et je rencontre là Marie, puis Salima, qui
me proposent le gîte chez elles, à La Lauze. Le rendez-vous est donné et nous nous retrouvons toutes les quatre chez des gens supers, une fois de plus ! Et puis on est bien tombées puisque
Rosie, une amie des deux colocataires, passait justement avec des fondants au chocolat fourrés au Kinder et au Toblerone... Sans commentaires, je vous laisse imaginer le délice.
Bref, j'ai vraiment passé une super soirée avec ces trois pures ardéchoises, appris et partagé plein de choses, enfin tout le bonheur des rencontres !
Mardi 27 Mars
La Lauze => Petit coin de paradis
Encore une superbe journée de randonnée où l'on a emprunté un vieux chemin pavé
escaladant une colline boisée, de grandes pistes forestières servant jadis à l'exploitation des nombreuses mines de charbon de la région, et même un viaduc.
Ça m'a fait marrer !
Sur le viaduc
La végétation change et apparaissent les fougères, bruyères et châtaigniers qui marquent
le changement de sol et de climat, je vois aussi mon premier animal sauvage : une biche qui s'enfuit, plus apeurée par la réaction de peur de Brownie que par notre
présence propre.
L'endroit est magnifique et c'était agréable d'être sur ces chemins que j'avais parcouru 7 ans auparavant avec ma jument Elen'or.
La rencontre d'hier avec ces ardèchoises et l'arrivée dans la vieille ferme qui a vu naître beaucoup de mes ancêtres font monter en moi beaucoup d'émotions relatives à cette terre cévenole,
résistante et laborieuse.
Mercredi 28 Mars et Jeudi 29 Mars
Journées de repos
Il faut croire que ces 10 premiers jours n'ont pas trop fatigué Brownie et Caroline : la nuit je les attachais à la longue
corde, mais la journée je leur ai fait une clôture sommaire et les ai laissées là dedans sans entraves, pour qu'elles profitent un peu de leur liberté de mouvement. Et bien on ne m'y reprendra
plus ! Elles se sont fait la malle. Heureusement une heure plus tard (le temps pour moi de parcourir la forêt alentour et de me rendre compte qu'elles n'y étaient pas) mes parents arrivent.
Ils étaient venus passer l'après-midi avec moi, du coup la voiture est réquisitionnée et on part chercher les fugueuses en se fiant aux témoignages des gens qu'on croise au fur et à mesure. A peu
près 2h après leur départ on finit par les retrouver à 7 km de la maison. Rien que ça ! Une mère et sa fille, adorables, leur ont même couru après sur un ou deux kilomètres à travers les
collines.
Une fois récupérées, je les ramène au bercail au trot et à cru donc sur 7 bornes, autant dire que comme jour de repos il y a
mieux...(et mon illustre postérieur a mis une semaine pour s'en remettre ^^)
Donc leçon du jour : pas de clôture approximative sans entraves !
Le lendemain j'ai pu me rendre à Béssèges en stop pour récupérer le colis que j'attendais, contenant une paire d'Easyboots, perdue
par Brownie quelques jours auparavant. Puis petit tour à pied dans Béssèges puis avec les juments par les collines pour rendre visite aux endroits chers à mon cœur, riches en souvenirs
familiaux.
Vendredi 30 Mars
Petit coin de paradis => Cornas
Là encore on est en plein dans les Cévennes : que des collines aux fortes pentes, toutes anciennement travaillées en faïsses
(=terrasses) couvertes principalement de châtaigniers et sans la moindre parcelle herbée. La journée est belle mais il est difficile de trouver un bivouac dans ces conditions, les quelques
hameaux où j'avais prévu de m'arrêter sont inhabités, donc sans eau accessible et on finit par trouver refuge dans un creux de vallon où un couple nous laisse profiter du seul pré à des
kilomètres à la ronde !
Samedi 31 Mars
Cornas => Le Collet de Dèze
Chaque hameau a son ancienne entrée de mines, nombre des chemins qu'on parcourt sont en fait les voies autrefois ferrées qui
servaient à acheminer le charbon. Ce pays a été marqué par les mines, qui ont nourri beaucoup de familles qui comme la mienne sont descendues de leur montagne pour y trouver du travail.
Je vais rendre visite à de la famille qui vit encore ici, à proximité de La Vernarède. Après un bon repas et les sacoches remplies
de bon petits plats, nous voici reparties en direction du Collet de Dèze. Toujours pareil, les bivouacs sont difficiles à trouver, et le manque d'eau n'arrange rien. On s'installe finalement au
bord du stade du village, et deux ados me tiendront compagnie toute la soirée.
Dimanche 1er Avril
Le Collet de Dèze => Barre des Cévennes
Le départ est matinal, et une fois encore je pars les bras chargés de présents, on suit la route puis un GR à travers la forêt
pendant une trentaine de kilomètres. L'endroit où je voulais bivouaquer n'est pas très accueillant : les seules parcelles herbées sont surparturées par les moutons du village, sinon la seule
option est un gîte/camping hors de prix. On repart sur la route, en espérant une étape possible dans le prochain hameau, à 6 km. Là il y a déjà plus d'herbe, mais les paysans qui vivent là ne
sont pas très partageurs et, même en proposant de payer pour du foin, ils refusent de nous accueillir et il nous faut continuer jusqu'à Barre des Cévennes. Du coup ça fera une journée de 40km...
Trop je trouve (et les juments aussi!).
Depuis quelques jours les bivouacs sont difficiles : il y a peu d'herbe, à cause de la conformation du pays et de la
sécheresse. En plus on est en plein Parc des Cévennes, et tout est interdit, notamment de bivouaquer (on est même censé tenir son chien en laisse sur les chemins, il est interdit de ramasser les
champignons, etc.). Et enfin on est en Lozère...et là, je ne veux froisser personne, mais pour ma part je trouve que les gens que j'y ai croisé n'y sont guère accueillants. Sans parler de
l'accueil pour les bivouacs, ne serait ce que dire bonjour quand on croise quelqu'un, ça ne semble pas ici être entré dans les mœurs.
Lundi 2 Avril
Barre des Cévennes => Cabrillac
Départ de Barre des Cévennes
J'ai suivi un GR toute la journée, véritable autoroute de randonneur, et là je dois dire que le paysage était magnifique. Fini les
Cévennes typiques, on a maintenant de belles vraies montagnes autour de nous et des points de vue superbes. On a longé toute la journée le Causse du Méjean, puis on est arrivé face au Mont
Aigoual par le nord. J'ai eu l'occasion de voir beaucoup d'animaux depuis quelques jours, mais là j'ai carrément pu filmer deux biches qui broutaient dans un champ semé. Je voulais poster
plusieurs vidéos pour partager un peu de l'ambiance de ces lieux magiques, mais la connexion est trop mauvaise et il faudra attendre un peu...
Vues sur le Causse du Méjean
Pause de midi à 1100m d'altitude
Il n'y a pas âme qui vive et les quelques fermes aperçues, bien que très belles, semblent complètement abandonnées. On bivouaquera
donc à Cabrillac, au nord du Mt Aigoual : 1194m d'altitude, 1 habitant (!).
Mardi 3 Avril
Cabrillac => Meyrueis
Seulement 13 kilomètres pour aujourd'hui : en arrivant vers midi à Meyrueis j'ai trouvé un village plus grand que ce à quoi je m'attendais. J'y fais donc une brève étape pour acheter du
grain, et poster ces dernières nouvelles. Nous avons été très bien accueillis par de sympathiques lozériens à la ferme équestre Del'Arte où les juments se reposent et où je peux même profiter
d'une nuit à l'intérieur. Et me voici maintenant à l'Office de Tourisme du village, dont les hôtesses me réconcilient avec la gent lozérienne.
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Ce blog est là pour vous présenter mon voyage à cheval (et mule!) en France et pour partager avec vous cette expérience et la façon dont nous la vivons (Nous = Brownie, Effy, Caroline et moi : le BECC ^^).